Mon kit de survie pour un vol long courrier

Publié le par Tristan YVON

En janvier 2020 j'ai eu l'occasion de faire un aller/retour en Martinique, lors d'un voyage auquel je consacrerai prochainement un article.

Passer plus de huit heures dans un avion n'a rien d'anodin pour moi, qui suit hyperacousique, allergique a la promiscuité, et souvent concerné par le mal des transports... Je vous partage donc les quelques astuces qui m'ont permis de survivre a ces deux voyages sans être traumatisé (ni même malade!).

Coucher de soleil depuis l'avion. Janvier 2020.

Coucher de soleil depuis l'avion. Janvier 2020.

Réservation du billet

Pour partir en Martinique j'avais le choix de plusieurs compagnies aériennes. Mon budget étant assez limité, je me suis tourné vers la compagnie low cost "Level", qui propose des vols à des prix très intéressants. Connaissant mes particularités, j'ai investi quelques euros de plus pour choisir mon siège : côté hublot et plutôt à l'avant de l'avion. J'ai aussi pris le pack incluant le bagage en soute et les repas, qui s'avère être un très bon plan car les repas et boissons proposées à bord sont très onéreuses. Au niveau pratique, je m'arrange toujours pour partir d'Orly, qui se trouve à 20 minutes de mon domicile.

 

Anticipation du contrôle de sécurité

Si je n'ai pas l'habitude des vols longs courriers, je suis en revanche habitué a l'avion et aux aéroports. Je me prépare toujours pour passer les contrôles de sécurité le plus simplement possible. On commence la veille du vol par l'inspection méticuleuse de mes sacs et poches de manteaux pour déloger tous les objets métalliques de ma panoplie de Mc Gyver, qui restent à la maison à l’exception des plus indispensables qui eux sont regroupés dans mon sac à dos. Je n'emporte absolument aucun liquide, ni trousse de toilette ni d'ailleurs le moindre tipex ou blanco, pas la peine de faire d'histoire (je me suis fait fouiller mon sac une fois pour une compote Andros, qu'ils m'ont laissé car elle rentrait dans le volume autorisé). Tous les liquides, gadets et objets non indispensables vont dans ma valise en soute!

J'organise mon sac de manière pratique. Les petits gadgets et bonbons dans les poches latérales, le PC, l'IPAD et l'appareil photo au centre facilement accessible, car on doit les sortir pour les présenter à part au contrôle de sécurité. Par prudence je les charge tous, il arrive qu'on doive les allumer.
Quand la saison le permet je met mon imperméable dans mon sac à dos, en hiver je ne laisse rien dans ses poches et essaye au maximum d'arriver le plus léger possible aux contrôles. Je porte autant que possible une tenue simple, sans écharpe ou foulard (contrairement à mes habitudes), sans ceinture et des chaussures sans armatures métaliques. Et à la dernière minute, je met mon smartphone dans mon sac à dos.

Ainsi, la fouille est assez simple. J'ai juste a sortir mon matériel photo et informatique pour le présenter à part, et poser mon sac sur le tapis. Mine de rien cette organisation me détend considérablement car la cohue de gens pressés et rarement bienveillants, les agents pas forcément souriants et la méfiance générale me stressent à chaque fois. Pour ceux qui sont moins prévoyants que moi, il est toujours possible de se préparer dans le hall de l'aéroport avant de se présenter au contrôle de sécurité. Le terminal 3 d'Orly propose même un espace dédié.

Malgré une organisation au top, anticipez toujours que votre sac puisse être fouillé. Ces derniers mois, je suis "tombé" deux fois sur une détection aléatoire de traces d'explosifs, sur moi en avril dernier et sur mon chapeau de cow-boy ce voyage ci... Je reste toujours calme et souriant, après tout je n'ai rien à cacher.

Aperçu de l'écran dans les avions de la compagnie "Level".

Aperçu de l'écran dans les avions de la compagnie "Level".

Occupation

Prendre l'avion c'est attendre beaucoup. Pour raccourcir les délais j'évite d'avoir trop d'avance (2h c'est largement suffisant) et je prévoie de quoi m'occuper. Les jours précédents je télécharge des films et séries sur mon Ipad, je renouvelle mes playlists sur mon MP3, je me renseigne sur les choix de films présents dans l'avion... Ayant le mal des transports, j'ai en revanche laissé tombé les bouquins et j'évite aussi le travail sur ordinateur (retouche photo, écriture,...) sur lequel j'ai de toute manière du mal à me concentrer dans l'avion, contrairement au TGV...

Une fois passé la sécurité, je me promène un peu dans la boutique Duty Free sans y rester longtemps, car elle est sensoriellement incompatible avec moi (lumière flashante, mise en valeur démesurée des articles, festival de couleurs,...). Bref, je trouve ce que je suis venu chercher (parfois des cigarettes pour les copains, car je ne fume pas), puis je sors et trouve la porte d'enregistrement. Une fois les repères acquis, je trouve un endroit calme a proximité (souvent un coin de couloir a l'écart) pour rattraper mes mails en retards, appeler mes grands parents, gérer des soucis administratifs à distance... Selon l'heure je mange un sandwich, et achète très souvent une bouteille d'eau pour l'avion (prévoyez surtout de ne rien acheter dans l'avion si vous avez une petite bourse...). N'oubliez pas de passer aux WC, c'est plus agréable à l'aéroport que dans l'avion, ils sont d'ailleurs globalement très propres. Les seuls pas terrible que j'ai vu étaient au terminal international de Fort de France.

Une fois l'heure atteinte, ne vous précipitez pas pour embarquer les premiers dans l'avion. C'est prendre le risque de s'entasser longtemps à la porte de l'avion (souvent ça bouchonne) ou pire encore, serrés dans les bus qui nous emmènent à l'avion stationné plus loin. Mon dernier voyage m'a donné l'occasion de rester enfermé 15 minutes dans une navette surchargée, qui n'avait rien à envier au métro parisien à l'heure de pointe. Horrible!!

Une fois assis dans l'avion, il ne reste qu'a "profiter du vol". Mes conseils : prenez votre temps pour manger les repas (ceux de Level étaient très bons, hormis le petit déjeuner du retour), profitez du paysage quand il fait jour, puis si vous n'arrivez pas à dormir, alternez longs métrages sur l’écran et occupations perso. Personnellement les épisodes de NCIS LOS ANGELES que j'avais enregistré sur mon Ipad m'ont bien aidé a tenir le coup, car ils durent 40 minutes. Je ne comptais pas le temps en heures, mais en épisodes de NCIS.

Aperçu d'un repas dans l'avion.

Aperçu d'un repas dans l'avion.

Sensoriel

Une fois dans l'avion, ma priorité est toujours de m'adapter à l'environnement sensoriel peu clément pour les hypersensibles. Première étape : survivre au décollage. Outils : des pastilles a sucer (généralement 3 ou 4 dans la poche) et de l'eau si besoin, pour me forcer a déglutir et éviter la gène aux tympans. Conseil d'ami : évitez absolument de prendre l'avion avec le nez bouché, ça m'est arrivé une fois, et avec l'adaptation de la pressurisation de l'avion j'ai dégusté (ceux qui ont déjà eu une otite comprendront...).

Une fois l'avion décollé, il faut gérer le bourdonnement ambiant franchement fatiguant. Pour ça, l'arme la plus efficace reste les casques filtrant très connus des personnes autistes hypersensibles. J'en ai un dont je me sert rarement, mais dans l'avion c'est la vie, il ne quitte pas mes oreilles. A défaut, pensez à prendre des boules quies si vous voulez dormir. J'ai également acheté un kit incluant un coussin à mémoire de forme à mettre autour du cou, un masque pour les yeux et des boules quies que j'ai cumulées avec mon casque. Je devais ressembler à un drôle de personnage avec tout l'attirail.

Ma tête de vainqueur avec mon casque filtrant.

Ma tête de vainqueur avec mon casque filtrant.

Mais malheureusement, l'ergonomie de l'avion ne m'a pas du tout permis de dormir, malgré les sièges inclinables et l’appuie tête dont on pouvait incliner les bords. Je n'ai pas trouvé le coussin très confortable et l'appui tête ne m'a pas permis de caler ma tête, sachant que l'écart entre le siège et les hublot ne me permettait pas de me caler la non plus...

Dormir dans l'avion n'est pas chose simple quand on est hypersensible, prévoyez donc une ou deux journées très cool après le vol pour récupérer, et absorber le décalage horaire. Au niveau ergonomique les avions de Level étaient suffisamment spacieux pour mes jambes, sachant que j'ai eu la chance de ne pas avoir de voisin au retour.
Je n'ai pas trop souffert des turbulences, mais j'ai retenu la leçon apprise l'an dernier sur un bateau: quand ça tangue, ne surtout pas se lever. Je me concentre sur mon film, reprends une pastille, et fais de la relaxation au besoin. J'avais néanmoins vérifié la présence du sac à vomi dans la poche de mon siège, n'hésitez pas à en réclamer auprès des stewards et hôtesses.
Je tiens a préciser que l'équipage de Level a été très sympa et très diplomate auprès des passagers, même ceux pas toujours agréables. Et en plus, ils sont francophone.

Il y a juste un élément auquel je n'ai pas pu échapper : le choc thermique. Perdre 30 degrés en une nuit fut assez rude au retour!! Mais c'est le jeu des voyages au soleil!

Bibliothèque Schoelcher à Fort de France, janvier 2020.

Bibliothèque Schoelcher à Fort de France, janvier 2020.

Au final, prendre l'avion n'est pas chose facile pour tout le monde, mais c'est un mal nécessaire pour pouvoir découvrir d'autres pays, d'autres cultures et profiter du soleil d'été en plein hiver. Et cela vaut vraiment le coup!

Plage de Saint Pierre en Martinique, janvier 2020.

Plage de Saint Pierre en Martinique, janvier 2020.

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